Définition du Big Data

S’il y a un terme technologique qui attise la curiosité, c’est bien celui-ci : le Big Data, que l’on appelle aussi en bon français, les mégadonnées, ou les données massives. Ce sont toutes celles qui proviennent des réseaux sociaux (photos, sons, images, données GPS, etc.), ou des informations que chacun donne sur lui-même, de manière plus ou moins volontaire, à des entreprises, des administrations. Elles proviennent aussi d’autres fichiers remplis petit à petit, qui ne sont pas des données personnelles à proprement dit, mais provenant de capteurs notamment. Ces données sont ensuite traitées par une intelligence artificielle qui les collecte et les analyse le cas échéant.

Pour résumer, le Big Data est basé sur 3 paramètres : le volume, la vitesse et la variété (d’où le terme de Big Data 3V). Mais savez-vous que le Big Data a aussi un intérêt central dans le management énergétique ?

Le Big Data est désormais rentré dans le langage courant. Dans le même temps, le mot « big » est presque devenu obsolète car aujourd’hui, c’est surtout la Data au sens large qui compte. En effet, ce n’est pas tant le nombre de données qui existent dans le monde qui importent, mais comment se servir de certaines d’entre elles à sa propre échelle, que ce soit dans une entreprise, une collectivité ou dans les logements. Voilà tout l’intérêt d’utiliser les données dans le cadre de l’efficacité énergétique, notamment grâce au Smart Data.

 

En quoi le Big Data est-il utile dans l’efficacité énergétique ?

Le Big Data, et les données collectées d’une manière générale, n’ont d’intérêt que s’ils ont un but concret. Les possibilités et les actions effectives sont déjà immenses. Il y a ainsi un domaine qui en montre l’étendue et la pertinence : l’optimisation énergétique.

Chaque responsable de bâtiment cherche à réaliser des économies d’énergie et de fonctionnement. Pouvoir baisser sa facture d’énergie fait partie de ses priorités. Le Big Data a toute sa place dans cette recherche. Pour cela, un bâtiment doit être en mesure d’engranger des données de consommation, les collecter et les transmettre à une intelligence artificielle, laquelle peut alors décider, en toute connaissance de cause grâce aux algorithmes, de baisser le chauffage à tel ou tel moment, ou encore d’optimiser les éclairages.

Cela vaut pour les bâtiments tertiaires mais pas seulement. Les services publics et l’industrie peuvent bénéficier des mêmes apports grâce aux données massives, du pilotage industriel à la maintenance. Pour être utiles à l’efficacité énergétique, celles-ci doivent néanmoins être « intelligentes », autrement dit être en mesure de collecter et d’analyser les données en temps réel.

 

Qu’est-ce que le Smart Data ?

Le Smart Data se réfère aux données capables de s’auto-analyser en temps réel, à l’inverse de la Data au sens strict qui signifie que les données sont d’abord collectées, triées, transférées. Le Smart Data nécessite ainsi un temps de traitement très court, avec une prise de décision tout aussi rapide pour l’appareil qui l’utilise. Pour cette raison, il fonctionne très bien avec l’Internet des Objets (IoT), une technologie qui doit pouvoir agir sur le vif et qui bénéficiera par ailleurs de la 5G. La rapidité est essentielle, de même que la fiabilité, de sorte à pouvoir être utile en médecine assistée par ordinateur, à donner les instructions aux voitures autonomes, à pousser des promotions en temps réel dans le commerce, comme cela est déjà le cas avec la géolocalisation.

 

Dans le domaine de l’entreprise et des bâtiments, le Smart Data a aussi toute son importance, sur deux plans :

  • Pour la maintenance prédictive, qui permet de détecter les anomalies avant qu’une véritable panne ne se produise et enraye une production par exemple. Il en va de même pour un système de chauffage, ou d’eau d’une manière générale. D’ailleurs d’après le cabinet McKinsey en 2018, les entreprises du monde pourraient économiser 630 milliards de dollars d’ici 2025[1] en optant pour cette solution.
  • Pour l’optimisation énergétique, pour laquelle les données collectées en direct permettent de réguler la consommation du bâtiment en fonction des besoins.

Pour les deux, le Smart Data collecte les données, les analyse en temps réel et apprend de chacune d’entre elles au fur et à mesure, de sorte à pouvoir être de plus en plus performante.

 

Quel est l’usage concret du Big Data dans la performance énergétique ?

Le principe de la performance énergétique est basé sur trois éléments complémentaires :

  • les capteurs ;
  • la collecte et le croisement des données ;
  • l’information sur les données pour l’energy manager.

Ce sont donc avant tout les données de l’entreprise ou de la structure (publique, industrielle) récoltées au travers de compteurs, de factures, et de capteurs connectés, qui sont importantes. À l’inverse ce ne sont pas celles à l’échelle du monde entier. Cependant, les données utiles à une meilleure efficacité énergétique proviennent aussi de données de base permettant de trouver, par exemple, le principe de production le plus économique.

De manière concrète, une entreprise spécialisée dans l’efficacité énergétique installe dans vos lignes de production, ou dans votre bâtiment tertiaire, des capteurs connectés. Ceux-ci collectent en permanence vos données de consommation de telle sorte qu’ils détectent les zones défectueuses engendrant des surconsommations et transmettent en direct ces informations à un tableau de bord. Celui-ci est à disposition de l’energy manager qui peut alors prendre des décisions, guidé par les données ainsi analysées.

L’apport de ces données peut aussi permettre aux entreprises et collectivités d’opter pour de nouveaux outils ou bien encore, de changer leurs méthodes de production.

Les données ne sont pas seulement utiles aux GAFAM (les grandes entreprises du numérique) pour nous proposer de la publicité. Elles sont en effet utiles sur des territoires essentielles comme celui de la transition énergétique.

Le Big Data, dans le domaine de l’énergie, permet de connaître chaque détail de la consommation et des besoins, afin de pouvoir la diminuer, sans pour autant baisser le niveau de confort des occupants, mais au contraire, en optimisant les débits pour parvenir à un juste milieu.

[1]    Source : Les Echos