Mesurer les consommations énergétiques d’un bâtiment

Mesurer les consommations énergétiques d’un bâtiment

Définition : Consommation énergétique des bâtiments

Dans son ensemble, la consommation énergétique est basée sur un cycle : les énergies primaires qui sont épuisables ou renouvelables, les énergies secondaires issues d’une transformation des énergies primaires. Et enfin, l’énergie finale, utilisée par chacun dans sa vie quotidienne et professionnelle. Au sein des bâtiments (tertiaires, industriels, résidentiels), l’énergie consommée se traduit sur différents plans : l’électricité bien sûr, mais aussi le gaz éventuellement et l’eau. Pour jouer un rôle concret dans la transition énergétique et pour faire des économies, chaque secteur doit pouvoir mesurer et diminuer sa consommation énergétique.

Audit énergétique, accompagnement, suivi des consommations, quelles sont les solutions de mesure et pour quels résultats ?

Des particuliers aux entreprises, chacun cherche à diminuer sa facture énergétique. Mais avant de pouvoir trouver des solutions, en dehors des gestes que chacun peut faire, il faut d’abord mesurer sa consommation. Et cette mesure doit pouvoir entraîner une réflexion sur les solutions à mettre en place pour une diminution plus importante. L’efficacité énergétique des bâtiments – à l’échelle des entreprises, des industries, des collectivités -, à travers des solutions innovantes permet de mesurer, contrôler et abaisser sa consommation.  

Quelle est la consommation énergétique moyenne des bâtiments ?

Selon le Ministère de l’Environnement en 2017, les bâtiments – aussi bien les maisons, les immeubles, que les usines et les bureaux – consomment à eux seuls 45% de l’énergie. À l’échelle des régions et des secteurs, c’est l’Île-de-France qui en consomme le plus avec 50 058 GWh/an cumulés dans le résidentiel et le tertiaire. L’industrie, concentrée dans le Grand Est, arrive ensuite avec 30 487 GWh/an.

Selon le bilan électrique 2018 publié par RTE[1] (Réseau de Transport d’Électricité):

  • Le résidentiel consomme 37,5% de l’énergie totale
  • Les entreprises : 26,6%
  • La grande industrie : 16,9%
  • Les PME/PMI : 11%
  • Reste enfin 9,9% concernant les professionnels, tels que les professions libérales et autres indépendants.

Par ailleurs, les efforts pour faire baisser la consommation sont encore faibles et la légère baisse de 0,8%, constatée cette année-là, provient avant tout des températures relativement douces de l’hiver mais également de la baisse de la croissance économique, ainsi que des mouvements sociaux du secteur ferroviaire. Autrement dit, des efforts concrets doivent être amorcés, notamment par les entreprises et le secteur public, pour la faire baisser véritablement. Et non au gré des conditions météorologiques et économiques.

Pour autant, RTE note que la grande industrie est le secteur qui connaît la baisse la plus visible, précisant que « l’amélioration des process, voire le changement des moyens de production ont conduit à plus d’efficacité dans l’utilisation de l’énergie ».

Quelles sont les ambitions légales de consommation énergétique ?

Deux lois déterminent actuellement les ambitions pour la consommation énergétique des bâtiments :

  • En premier lieu, l’article 17 de la loi de transition énergétique qui inscrit l’obligation de rénovation à partir de 2020 à l’horizon 2050. Tous les dix ans pendant cette période, le niveau de baisse de consommation à atteindre sera réévalué.
  • Dans le même temps, la loi Elan, votée en octobre 2018 va dans le même sens d’un encadrement de la baisse de consommation dans les bâtiments tertiaires. Avec une réduction de la consommation d’énergie finale, en comparaison de l’année 2010, d’au moins 40 % en 2030, puis 50 % en 2040 et 60 % en 2050.

Comment mesurer la consommation énergétique de ses bâtiments ?

Pour parvenir à limiter la consommation énergétique dans le secteur tertiaire, industriel et résidentiel, il faut d’abord la mesurer. La première mesure est en effet la valeur de référence permettant de décider quelles sont les solutions à mettre en place. Cela passe dans tous les cas par un audit. Ainsi que par la désignation d’un energy manager, soit au sein de la structure, ou par le biais d’une entreprise extérieure qui peut prendre en charge cette fonction.

L’audit énergétique en amont

L’audit énergétique d’un bâtiment est obligatoire pour les entreprises de plus de 250 salariés ou arrivant à un chiffre d’affaires dépassant les 50 millions d’euros. Celles-ci doivent donc être en mesure, à tout moment, de justifier d’un audit de moins de 4 ans, ou d’une certification ISO 50001 sur au moins 80% de leur consommation énergétique.

Pour autant, les autres entreprises de moindre importance, PME, PMI, ont tout intérêt à réaliser un bilan de leur consommation. Il existe en effet des solutions à moindre coût pour les structures plus petites ou celles qui ont besoin d’obtenir des résultats rapidement. Notons aussi que les audits classiques se déploient désormais avec des solutions d’analyse et de résultats plus innovantes.

  • L’audit énergétique à distance

Sauf dans le cas d’une certification réglementaire, vous pouvez confier à un prestataire extérieur comme Netseenergy  votre audit à distance. Celui-ci a pour but de faire un état des lieux rapide à partir de vos données existantes, et à moindre coût, grâce à des algorithmes basés sur des typologies de bâtiments. Ceci entraîne des préconisations pour engager des actions. Il s’agit d’une première étape pour envisager d’entrer dans une démarche plus approfondie.

  • L’audit énergétique « classique », décisionnel

Qu’une entreprise soit amenée à réaliser un audit par obligation, ou qu’elle s’engage dans une démarche SME (Système de management énergétique), elle doit passer par un audit certifié.

Aujourd’hui, des solutions innovantes, basées sur des capteurs connectés offrent de nombreux avantages pour un audit de précision. Lequel peut aussi être visualisé en ligne, de façon sécurisée.

Le monitoring constant pour le suivi des consommations énergétiques

Si l’audit en amont est essentiel, pouvoir suivre de manière constante la consommation de ses bâtiments grâce à des capteurs connectés (IoT) permet de :

  • Connaître les postes énergivores et d’apporter des solutions ;
  • Détecter et alerter sur les fuites, les pannes, les surconsommations anormales.

Tout cela, en ayant accès à une plateforme en ligne de management de l’énergie (Paas) permettant un suivi en temps réel de la consommation. L’energy manager a donc accès à toutes les informations, depuis un ordinateur, un smartphone ou une tablette, permettant de déterminer des actions à mettre en place pour l’optimisation énergétique.

Vous souhaitez mesurer votre consommation afin de la limiter ? Netseenergy dispose de solutions innovantes et sécurisées pour l’ensemble de vos bâtiments.

[1]     Source : https://www.rte-france.com/sites/default/files/be_pdf_2018v3.pdf

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L’internet des objets et l’efficacité énergétique

L’internet des objets et l’efficacité énergétique

Avec 6,5 milliards d’objets connectés actuellement en circulation dans le monde et près de 40 milliards prévus en 2020*, l’internet des objets (IoT) s’impose dans toutes les sphères de la vie quotidienne, à commencer par l’entreprise. À la fois dans un souci de faciliter ou de remplacer certains gestes des utilisateurs, mais aussi de répondre à l’obligation d’économies d’énergie. Par la mise en place de systèmes connectés, les bâtiments se transforment en smart buildings, permettant une synergie dans les usages et, par conséquent, une meilleure utilisation de l’énergie.

Ce mariage des objets et d’internet offre de nombreuses perspectives aux entreprises et aux collectivités pour améliorer leur efficacité énergétique. Outre la digitalisation directe de l’énergie, à travers des capteurs et des compteurs intelligents, les objets connectés peuvent également apporter aux utilisateurs un bien-être qui passe par une prise en compte rapide de leurs besoins. Une automatisation qui génère une utilisation raisonnée des outils du quotidien et contribue ainsi à engranger des économies d’énergie. D’autant plus lorsqu’ils peuvent bénéficier de réseaux de connexion particuliers : les réseaux IoT, tels que Sigfox ou LoRa.

Objenious, un réseau pour les objets connectés

Les objets connectés ne sont plus obligés de se reposer sur le réseau internet classique, que ce soit la Wifi ou le réseau 4G. Des réseaux spécifiques aux objets connectés, appelés réseaux IoT, économes en énergie, interviennent désormais directement.

Ainsi, Objenious, lancé en 2016 par Bouygues Télécom, se base sur le réseau d’antennes de LoRa,   un système de connexion en bas débit qui permet aux objets connectés de fonctionner n’importe où, de la cave au grenier, en consommant très peu d’énergie. Avec, à l’heure actuelle, 84% de la population couverte et 93 % du territoire, Objenious propose à la fois un service de connectivité mais aussi de traitement des données récoltées par les objets connectés eux-mêmes.

 

L’exemple de trois cubes connectés 

 

  • GreenMe

Dans l’objectif de rendre le salarié acteur de son bien-être dans son environnement de travail, la société GreenMe a mis au point un cube connecté aux allures de Lego, qui mesure dix paramètres essentiels. Là encore, il s’agit d’agréger les informations de variations de températures, d’éclairage ou encore de renouvellement de l’air, des données qui sont ensuite transmises en temps réel à une plateforme et une application mobile.

Mais  non content de mesurer et d’analyser les données, le cube de GreenMe propose aussi à l’utilisateur et à l’ensemble de son équipe de donner leur ressenti, et ainsi d’être un maillon dans l’amélioration de leur environnement. Pour cela, il suffit de basculer le cube d’un côté ou de l’autre afin de montrer son approbation ou au contraire de faire part de son inconfort à un instant T : un éclairage trop fort, une température trop élevée ou inversement. Dès lors, l’alerte est immédiatement lancée au service compétent. Par ce rôle actif, le salarié-utilisateur devient un protagoniste dans la consommation de l’énergie et prend conscience que son besoin de confort peut, par exemple, être comblé avec 1 ou 2 degrés de moins.

  • Le Qub, un cube à tout faire

Il ressemble aussi à un jouet mais le Qub de la start-up française Axible ne se contente pas d’amuser la galerie, cet objet connecté, présenté au CES de Las Vegas 2017, est un véritable concierge. Connecté au réseau français d’internet des objets Sigfox, il répond par un double tapement de doigt à des demandes de services. Ceux-ci vont du changement d’une ampoule à la demande d’un bureau privatif, mais tous les usages sont possibles en fonction des besoins des entreprises ou des collectivités. On peut ainsi imaginer son usage direct dans le domaine des économies d’énergie. D’ores et déjà, en facilitant par un claquement de doigt une demande, il fait gagner du temps et des déplacements. 

Le Qub fonctionne comme un smartphone auquel on ajouterait des applications selon ses besoins. Pour cela, il suffit de paramétrer l’utilisation de chacune des six faces sur la plateforme dédiée en ligne. L’autre avantage du Qub, comme la plupart des objets connectés qui fonctionnent sur un réseau IoT : sa batterie n’aura pas besoin d’être rechargée avant… plusieurs années !

  • Rubix Pod, pour mesurer les nuisances au travail

Encore un cube, mais là encore loin d’être un gadget, le Rubix Pod, mis au point par une start-up toulousaine, Rubix S & I, agit pour améliorer l’environnement d’un bâtiment en analysant les nuisances, aussi bien sonores qu’environnementales. Parce que le bien-être au travail est une préoccupation importante, tant en matière d’ambiance générale que de productivité, connaître en détails les éléments qui le troublent peut s’avérer très utile.

Grâce à une douzaine de capteurs, le cube, qui peut se fixer au mur, mesure les décibels, les différences de températures, l’hydrométrie, la luminosité, les particules, les gaz toxiques, les odeurs, etc. Soit une somme de données qui peuvent s’ajouter aux autres capteurs élaborés dans le même objectif d’amélioration des dépenses énergétiques, et de confort d’utilisation dans l’ensemble du bâtiment.

 

Steelcase, un système global de collaboration et de connectivité

Dans cet objectif de bien-être, l’entreprise Steelcase met au point des espaces de travail adaptés aux usages des collaborateurs. Grâce à des solutions complètes et sur-mesure, élaborées pour simplifier la connectivité et l’échange, telles que media:space ou RoomWizard, productivité et économie d’énergie se conjuguent. Le Virtual PUCK™, inclus dans le système media:space, offre notamment la possibilité de partager du contenu interne d’un simple clic, depuis n’importe où, facilitant les besoins de collaboration.

Leur système de vidéoconférence en haute définition permet par ailleurs de supprimer des rendez-vous physiques et ainsi de réduire l’empreinte écologique.

De nouveaux produits en cours de développement visent également à mesurer le taux de présence à travers des capteurs, ce qui permettra d’optimiser l’utilisation de l’espace, et donc l’énergie nécessaire au chauffage et à l’éclairage.

Les objets connectés sont au service des utilisateurs mais ne fonctionnent pas en autarcie, les données récoltées peuvent interagir entre elles au sein d’un smart building. Cette mutualisation est le socle sur lequel l’efficacité énergétique peut se déployer.

 

 

*  Selon le cabinet d’audit Gartner

L’Internet des objets au service de la transition énergétique

L’Internet des objets au service de la transition énergétique

Ils étaient plus de 8 milliards en 2017. D’ici 2020, 40 milliards d’objets connectés fonctionneront dans le monde, auprès des particuliers et des entreprises. Leurs applications directes sur la consommation d’énergie, au sein de toutes les structures collectives plus particulièrement, est un des maillons de la chaîne de la transition énergétique.

Capteurs et réseau IoT interconnecté

L’IoT, pour Internet on Things (Internet des objets), désigne les objets connectés qui nous entourent désormais partout, de la maison au bureau. Mais au sein des entreprises, l’IoT fait partie d’un véritable réseau interconnecté, composé avant tout de capteurs. Plus ou moins élaborés, ils entraînent tous une avancée fondamentale pour l’efficacité énergétique.

Imaginer l’entreprise et les bâtiments à travers le prisme de la transition énergétique passe inévitablement par une utilisation des IoT. Une utilisation autonome et automatique. Si, dans le domaine de l’énergie, les compteurs Linky ou GazPar comptent parmi les plus connus, d’autres objets permettent de gérer des flux en se basant sur des données de consommations en direct. Ils sont aussi capables d’intervenir sur l’organisation quotidienne de l’entreprise. Eau, gaz, électricité, mais aussi chauffage urbain et fréquence de passage sont autant d’applications possibles pour ces outils.

Les capteurs connectés permettent en effet de calculer et de transmettre la température intérieure et extérieure, notamment en fonction de la présence dans une pièce, pour adapter le chauffage. Certains d’entre eux détectent la présence humaine puis la luminosité pour adapter l’éclairage. D’autres servent directement à l’organisation quotidienne du bâtiment, pour faciliter l’occupation des bureaux. Un système connecté permet ainsi de gérer automatiquement l’occupation de salles de réunion ou de salles de classe, et ainsi libère les professionnels de cette tâche. Les salles inoccupées ne sont, dès lors, plus chauffées pour rien et le chauffage des salles occupées est adapté.

Par conséquent, l’IoT est un levier de croissance pour les industries, les entreprises, les commerces, ainsi qu’une pierre à l’édifice pour l’économie des services publics. En effet, par leur prix accessible et leur effet immédiat sur la consommation, les objets connectés permettent un retour sur investissement rapide.

 

Des réseaux spécifiques et économes en énergie

Auparavant, les objets connectés fonctionnaient en majorité sur les réseaux internet classiques. Ils peuvent en effet toujours utiliser un réseau 2G/3G/4G ou tout simplement la connexion wifi habituelle.

Mais des acteurs de l’IoT ont mis au point des réseaux spécifiques, avec un débit faible qui correspond au besoin de ces outils. Il s’agit des réseaux LPWAN pour Low Power Wide Area Network. Ce système de liaison sans fil permet aux objets connectés, tels que les capteurs, de fonctionner de façon autonome, avec une longue portée. Et ce, pendant de longues années sans intervention humaine.

 

Plusieurs acteurs se sont positionnés sur ce procédé qui présente de très nombreux avantages. Deux principaux réseaux se font concurrence à l’heure actuelle, LoRa et Sigfox. Bouygues Telecom, à travers sa filiale Objenious, et Orange ont déployé le réseau LoRa pour leurs clients. Entreprises et collectivités territoriales, sur 95 % du territoire pour le moment, peuvent avoir accès à ce service, à l’intérieur ou à l’extérieur des bâtiments.

Pour intégrer à sa structure les objets connectés qui auront une réelle incidence sur la gestion des énergies, le mieux est d’opter pour un véritable réseau interne géré par une entreprise spécialisée dans l’efficacité énergétique. Elle installera à la fois les capteurs mais aussi tout le système de monitoring accessible en ligne, qui permet de se tenir informé, de piloter certains capteurs, et d’être alerté en cas de problème.

Une consommation d’énergie gérée automatiquement, des postes énergivores détectés et des gâchis évités, voilà comment les objets connectés sont utiles aux entreprises et collectivités territoriales dans leur transition énergétique. Ils permettent ainsi une consommation d’énergie raisonnée et sans contraintes.

Linky et GazPar : les compteurs nouvelle génération

Linky et GazPar : les compteurs nouvelle génération

Outre les particuliers, les entreprises ont, elles aussi, une très bonne carte à jouer avec la mise en place des compteurs intelligents Linky pour l’électricité, et GazPar pour le gaz. Équilibre de la consommation au quotidien et factures sur une base réelle sont les deux principaux avantages de ces compteurs nouvelle génération. Tout cela reposant sur le même principe d’efficacité énergétique et donc d’économies.

Le déploiement de Linky chez les professionnels

En France le déploiement progressif du compteur Linky – que ce soit dans les entreprises ou chez les particuliers – se fait par zones géographiques et doit s’achever en 2021. Que ce soit pour les petites entreprises qui ont souscrit un contrat d’électricité inférieur ou égal à 36 kVA ou pour les structures très importantes, les compteurs seront installés gratuitement par un prestataire agréé par Enedis.

Les entreprises sont prévenues 1 mois avant l’installation du compteur. Celle-ci ne dure que 30 minutes et nécessite une coupure électrique uniquement pendant ce laps de temps.

GazPar, le compteur intelligent pour le gaz

Moins connu que son équivalent en électricité, le compteur intelligent GazPar fonctionne de la même manière – à quelques détails techniques près – pour calculer la consommation de gaz de l’entreprise. L’appareil envoie les informations deux fois par jour automatiquement au serveur de GRDF, lequel les transmet une fois par mois seulement au fournisseur d’énergie afin que celui-ci puisse facturer la consommation sur une base réelle.

Après un démarrage test des installations en 2016, la mise en service de GazPar s’est faite à grande échelle en 2017 et se répartira sur le territoire au fur et à mesure, de sorte à former un maillage complet à horizon 2022. Comme pour Linky, la pose du compteur est entièrement gratuite et réalisée par des partenaires de GRDF choisis après un appel d’offres.

La communication des données

  • Linky via la technologie CPL

Pour envoyer les informations aux fournisseurs d’énergie, les nouveaux compteurs intelligents Linky utilisent la technologie CPL ( = courant porteur en ligne) de communication des données. Ce système très ancien permet dans une habitation, un immeuble, une entreprise ou à l’échelle d’un quartier, de faire transiter des informations numériques – telles que la consommation d’électricité – à travers le réseau électrique et cela par le biais d’une consommation très faible.

Ce système ne nécessite donc aucun câblage supplémentaire et, contrairement à certaines légendes, n’entraîne pas un courant magnétique autour de lui. La domotique la plus ancienne, comme les volets roulants, l’utilise depuis longtemps. Les données sont quant à elles cryptées tout au long de leur circuit.

  • GazPar par ondes radio

La communication du système GazPar ne passe pas, par définition, par le réseau électrique comme le compteur Linky. Pour le gaz, ce sont les ondes radio qui permettent de transmettre les données en moins d’une seconde. Celles-ci sont également cryptées jusqu’à leur arrivée dans le système d’information de GRDF qui les traite.

La volonté d’un smart-grid à l’échelle européenne…

Dès 2009, une directive européenne a prévu l’installation de compteurs communicants d’énergie dans les pays membres, de sorte à équiper au moins 80% du territoire d’ici 2020. En 2012, l’Europe est allée plus loin dans ses prérogatives d’efficacité énergétique, visant la création d’un véritable réseau électrique intelligent et harmonisé sur tout le territoire européen pour une meilleure gestion des besoins.

… mais une réalité encore contrastée

Dans l’ensemble de l’Union Européenne, les règles communes de modernisation dans le domaine de l’énergie avancent donc mais se cognent à des disparités étonnantes à première vue. En effet, la France, si elle fait actuellement les efforts nécessaires, reste encore loin derrière ses voisins. C’est aussi le cas, en plus spectaculaire, de l’Allemagne, qui a même renoncé à sa généralisation en 2015, en privilégiant seulement les consommateurs importants, alors que le pays est justement le plus gros consommateur d’électricité en Europe…

À l’inverse de l’Italie et de la Suède qui en tirent déjà de nombreux bénéfices, notamment pour les entreprises, avec un déploiement des compteurs intelligents sur 100% de leur territoire respectif, depuis 2011 pour le premier et 2009 pour le second !

En France, les entreprises déjà équipées en compteurs intelligents Linky et GazPar n’ont pas du tout eu les mêmes craintes que les particuliers et se sont appropriées cette nouvelle manière de gérer leur consommation au jour le jour.

D’autres y ajoutent par ailleurs un système intelligent global qui permet, là aussi, de gérer sa consommation, directement en ligne ou sur une application, mais aussi de détecter les postes énergivores, les pertes inutiles, et de mieux répartir l’énergie en fonction de la présence ou des moments de la journée.

Pour cela, elles se tournent vers des entreprises spécialisées dans la performance énergétique qui leur proposent, clé en main, une somme d’outils personnalisés de gestion de l’énergie. Ceux-ci permettent d’avoir un suivi constant des consommations énergétiques sur tous les types de flux (électricité, gaz, mais aussi eau, fioul et chauffage urbain) et de les comparer avec des fichiers de gestion, par exemple pour connaître l’énergie consommée en fonction de la météo.

Loin des craintes infondées qu’ils génèrent pour une partie du public, les compteurs intelligents sont au contraire un formidable moyen de gérer sa consommation énergétique et d’en être pleinement responsable. Les entreprises, des petites structures aux grands groupes, y trouvent un premier levier d’efficacité énergétique grâce à un outil connecté, lequel peut être enrichi par un système complet et sur-mesure de maîtrise de la consommation.

Quand les acteurs du B2B voient les effets de leur positionnement « green »

Quand les acteurs du B2B voient les effets de leur positionnement « green »

Bien loin du « green washing », où les allégations ne sont que de la poudre aux yeux, les entreprises du B2B sont de plus en plus nombreuses à avoir un positionnement « green » réel qui se traduit par des actions concrètes et visibles. D’une part, parce que les lois successives obligent certaines d’entre elles ou encouragent les autres et, d’autre part, parce que ces efforts et la réputation qui en découle sont un formidable levier de croissance.

Les entreprises du B2B en première ligne

Au sommet de la pyramide, les entreprises du B2B, qu’elles produisent ou qu’elles soient des prestataires de service, font figure, pourrait-on dire, de premières de cordée, ou au minimum de forces d’entraînement pour leurs clients et partenaires. En effet, les entreprises du B2B sont nombreuses à fabriquer les matériaux ou les composants nécessaires à l’activité des entreprises B2C. Or, les méthodes de production, le transport ou encore les rejets toxiques, ont un impact direct sur l’environnement.

Les efforts et les concrétisations des B2B pour minimiser cet impact font boule de neige à mesure que ces entreprises en font un argument pour leur faire confiance, dans une démarche de développement durable.

Les lois qui obligent ou qui encouragent

 Les engagements environnementaux, chez les B2B comme chez leurs clients, ont bien sûr pour racine une base légale qui s’étoffe d’année en année. Elle a pour socle la responsabilité sociale (ou sociétale) des entreprises (RSE), un instrument obligatoire pour les grandes structures et facultatif pour les autres.

  • Le versant obligatoire de la RSE

Les contours de la RSE ont été définis par les deux lois Grenelle successives. Cette responsabilité incombe aux entreprises qui génèrent au moins 100 millions d’euros de chiffre d’affaires et dont le nombre de salariés est supérieur ou égal à 500.

En pratique, les premières obligations ont commencé avec la loi NRE (relative aux nouvelles régulations économiques) de 2001 pour les entreprises cotées en Bourse. Depuis, le caractère obligatoire d’une politique de responsabilité sociale s’est étendu aux autres grandes entreprises, notamment B2B, et le législateur a par ailleurs élargi le champ des obligations. 

  • Le versant facultatif mais valorisé de la RSE

Pour les autres entreprises qui n’ont pas cette obligation, il est néanmoins possible de s’engager dans une démarche volontaire. Et cela grâce à la norme ISO 26000, qui est une boîte à outils au cœur de la RSE. Cette norme internationale n’est pas obligatoire et elle n’ouvre pas la voie à une certification, cependant les entreprises peuvent se baser sur elle pour engager des démarches environnementales concrètes.

Pour les acteurs du B2B et toute autre structure, s’engager dans la norme ISO 26000 témoigne d’une volonté de mettre en place des solutions concrètes afin de réduire les conséquences négatives de leurs activités sur l’environnement. Qu’il s’agisse de nouvelles installations peu gourmandes en énergie, de l’utilisation de matériaux plus propres, de rénovations thermiques, ou bien encore de la mise en place d’un système intelligent de management de l’énergie ; cette solution étant l’une des plus simples à court terme, avec un retour sur investissement rapide.

Au sommet de la pyramide, les B2B qui ont l’obligation ou non d’opérer des changements réels, peuvent ainsi communiquer sur leur engagement dans le développement durable et entraîner leurs clients dans la même démarche. Une manière de faire d’une pierre deux coups, voire ici trois, pour un résultat salutaire.

 

La communication responsable pour valoriser ses actions

  • Le reporting RSE

Accessible à tous, le reporting RSE synthétise et donne à voir les résultats de la politique de développement durable instaurée dans l’entreprise. Parce qu’il est public et de plus en plus attendu par les partenaires et les clients, le reporting RSE est un véritable outil de communication transparent pour valoriser ses actions de développement durable. Ses éléments chiffrés, inscrits noir sur blanc, encouragent directement les partenaires des acteurs du B2B à en faire autant.

  • Les labels RSE pour la norme ISO 26000

S’il n’y a pas à proprement parler de certification pour la norme ISO 26000, il existe néanmoins des labels qui permettent aux entreprises d’être évaluées et de communiquer sur la portée de leurs efforts.

Les labels entreprise RSE, aussi bien dans le domaine environnemental que social, sont d’ailleurs devenus en quelques années des marqueurs de réputation recherchés par les clients et les partenaires des entreprises B2B.

Proposés par des organisations indépendantes, telles que le label LUCIE créé en 2008 et qui fait figure de référence, ils fournissent les outils pour une auto-évaluation avant une évaluation externe, jusqu’à la labellisation et à son suivi dans le temps. Le label doit être renouvelé tous les 3 ans pour rester valable.

Pour les entreprises du B2B, les efforts environnementaux dans leur mode de fonctionnement, dans leur chaîne de production, sont une véritable force pour leur évolution économique. Cela passe aussi par une communication responsable et la mise en avant des changements positifs auprès de leurs clients et de leurs prospects, dès lors confiants et inspirés pour s’engager également.

Le Plan Bâtiment Durable, une mission essentielle dans la transition énergétique

Le Plan Bâtiment Durable, une mission essentielle dans la transition énergétique

Le Plan Bâtiment Durable, une mission essentielle dans la transition énergétique

Sans les propositions émises par le Plan Bâtiment Durable (PBD), il n’y aurait pas eu de partie « bâtiment » dans la Loi relative à la Transition Énergétique pour la Croissance Verte. C’est ainsi que l’on peut présenter cette structure, rattachée à deux ministères, dont celui, bien sûr, de la Transition Écologique. Le PBD a en effet pour mission de faire le lien entre les acteurs du bâtiment et ceux de l’immobilier pour proposer des solutions concrètes d’amélioration de la performance énergétique, à destination des bâtiments tertiaires publics et privés, tout comme des logements privés.

 

Qu’est-ce que le Plan Bâtiment Durable ?

 

Lancé en 2009, le Plan Bâtiment Durable est une mission diligentée par les pouvoirs publics. Composé d’une équipe restreinte et permanente, le PBD est présidé depuis sa création par Philippe Pelletier, avocat spécialisé notamment en droit immobilier.

Rattaché à la fois au Ministère de la Transition Écologique et Solidaire et au Ministère de la Cohésion des Territoires, le Plan Bâtiment Durable est avant tout force de propositions auprès des pouvoirs publics. Celles-ci proviennent de discussions avec les acteurs du bâtiment et de l’immobilier : parce qu’ils ont des attentes et des contraintes différentes, le Plan Bâtiment Durable permet de les mutualiser et de formuler des propositions, d’ordre réglementaire ou non, concertées et concrètes.

Le PBD fonctionne à travers un bureau mensuel qui réunit une quarantaine d’organismes représentatifs, une assemblée publique qui a lieu trois fois par an et qui donne la parole à tous, ainsi que des groupes de travail qui planchent sur des thématiques spécifiques (actuellement deux groupes travaillent respectivement sur la rénovation énergétique des bâtiments éducatifs avec la Caisse des Dépôts et sur le projet Réflexion Bâtiment Responsable 2020-2050).

Il relie ainsi les intérêts divers des professionnels et de tous les acteurs du bâtiment pour arriver à un résultat commun : une meilleure efficacité énergétique et environnementale dans les bâtiments.

 

Des propositions devenues des réalisations concrètes

 

Environ 80 % des dispositions concernant le bâtiment inscrites dans la Loi de Transition énergétique proviennent directement des propositions du Plan Bâtiment Durable. Son rôle est donc fondamental et très concret.

 

Parmi ses idées devenues réalités : la création du Carnet numérique de suivi et d’entretien du logement, inscrit à l’article 11 de la loi. Imaginé par un groupe de travail du PBD – il s’appelait alors « la carte vitale du logement » – ce carnet virtuel a pour but de rassembler toutes les données du logement pour en améliorer la performance énergétique. Depuis le 1er janvier 2017, il est obligatoire pour toutes les constructions de logements neufs et, dès janvier 2025, il le sera pour tous les logements qui feront l’objet d’une vente. N’étant cependant pas encore pleinement opérationnel, il est actuellement en cours d’expérimentation par le Plan Transition Numérique dans le Bâtiment.

Un groupe de travail a également imaginé l’utilisation des MOOC pour former les professionnels du bâtiment et de l’immobilier : la plateforme MOOC Bâtiment Durable, portée par l’ADEME et le Plan Bâtiment Durable, en collaboration avec France Université Numérique et tous les acteurs de la filière. Fin 2017, on y comptait déjà plus de 17 000 inscrits.  Des formations en ligne gratuites, renouvelées tout au long de l’année, permettent à tous les professionnels, tout comme aux particuliers, de suivre des cours complets sur des sujets généralistes ou très pointus. Elles offrent ainsi la possibilité d’acquérir les connaissances indispensables aux mutations technologiques du secteur.

 

La rénovation des bâtiments tertiaires toujours d’actualité

 

Dès 2013, alors que le décret organisant l’obligation de rénovation dans le parc tertiaire, en application de la loi Grenelle, tardait à sortir, le Plan Bâtiment Durable avait invité ses partenaires à se lancer dans une rénovation volontaire de leur parc par la création de la « charte pour l’efficacité énergétique du parc tertiaire public et privé ». Il s’agissait d’une rénovation sans contrainte légale, pour une meilleure performance énergétique et un retour sur investissement rapide.

En 2017, le décret paru a été très rapidement suspendu par le Conseil d’État ; les signataires de la charte – dite tertiaire – ont alors souhaité donner une nouvelle impulsion à cette démarche volontaire et le Plan Bâtiment a lancé une nouvelle version de la charte.

Cette suspension n’a donc pas mis un point d’arrêt aux objectifs spécifiques du secteur tertiaire, en particulier auprès des acteurs volontaires regroupés au sein de la charte. Ces professionnels seront d’ailleurs associés à la concertation pour un nouveau décret qui devrait passer par l’écriture d’une nouvelle base légale.

 Tout au long de l’année 2018, l’action du PBD se poursuivra sur de nombreux terrains. Il s’agira notamment de continuer la déclinaison régionale du plan, pour une approche locale collective et une appropriation directe des prochains enjeux pour tous les acteurs de la filière.

 

À noter : le Congrès national du Bâtiment Durable tiendra sa 7ème édition fin septembre/début octobre 2018. Il réunit chaque année près de 600 professionnels autour des thématiques d’efficacité énergétique et environnementale des bâtiments.